Las aventuras de Tom Sawyer

LES AVENTURES DE TOM SAWYER

   Capítulo I

   CHAPITRE PREMIER

   — ¡Tom!

   « Tom ! »

   Silencio.

   Pas de réponse.

   — ¡Tom!

   « Tom ! »

   Silencio.

   Pas de réponse.

   — ¡Dónde andará metido ese chico!... ¡Tom!

   « Je me demande où a bien pu passer ce garçon… Allons, Tom, viens ici ! »

   La anciana se bajó los anteojos y miró, por encima, alrededor del cuarto; después se los subió a la frente y miró por debajo. Rara vez o nunca miraba a través de los cristales a cosa de tan poca importancia como un chiquillo: eran aquéllos los lentes de ceremonia, su mayor orgullo, construidos por ornato antes que para servicio, y no hubiera visto mejor mirando a través de un par de mantas. Se quedó un instante perpleja y dijo, no con cólera, pero lo bastante alto para que la oyeran los muebles:

   La vieille dame abaissa ses lunettes sur son nez et lança un coup d’œil tout autour de la pièce, puis elle les remonta sur son front et regarda de nouveau. Il ne lui arrivait pratiquement jamais de se servir de ses lunettes pour chercher un objet aussi négligeable qu’un jeune garçon. D’ailleurs, elle ne portait ces lunettes-là que pour la parade et les verres en étaient si peu efficaces que deux ronds de fourneau les eussent avantageusement remplacés, mais elle en était très fière. La vieille dame demeura un instant fort perplexe et finit par reprendre d’une voix plus calme, mais assez haut cependant pour se faire entendre de tous les meubles :

   — Bueno; pues te aseguro que si te echo mano te voy a...

   « Si je mets la main sur toi, je te jure que… »

   No terminó la frase, porque antes se agachó dando estocadas con la escoba por debajo de la cama; así es que necesitaba todo su aliento para puntuar los escobazos con resoplidos. Lo único que consiguió desenterrar fue el gato.

   Elle en resta là, car, courbée en deux, elle administrait maintenant de furieux coups de balai sous le lit et avait besoin de tout son souffle. Malgré ses efforts, elle ne réussit qu’à déloger le chat.

   — ¡No se ha visto cosa igual que ese muchacho!

   « Je n’ai jamais vu un garnement pareil ! »

   Fue hasta la puerta y se detuvo allí, recorriendo con la mirada las plantas de tomate y las hierbas silvestres que constituían el jardín. Ni sombra de Tom. Alzó, pues, la voz a un ángulo de puntería calculado para larga distancia y gritó:

   La porte était ouverte. La vieille dame alla se poster sur le seuil et se mit à inspecter les rangs de tomates et les mauvaises herbes qui constituaient tout le jardin. Pas de Tom.

   — ¡Tú! ¡Toooom!

   « Hé ! Tom », lança-t-elle, assez fort cette fois pour que sa voix portât au loin.

   Oyó tras de ella un ligero ruido y se volvió a punto para atrapar a un muchacho por el borde de la chaqueta y detener su vuelo.

   Elle entendit un léger bruit derrière elle et se retourna juste à temps pour attraper par le revers de sa veste un jeune garçon qu’elle arrêta net dans sa fuite.

   — ¡Ya estás! ¡Que no se me haya ocurrido pensar en esa despensa!... ¿Qué estabas haciendo ahí?

   « Je te tiens ! J’aurais bien dû penser à ce placard. Que faisais-tu là-dedans ?

   — Nada.

   – Rien.

   — ¿Nada? Mírate esas manos, mírate esa boca... ¿Qué es eso pegajoso?

   – Rien ? Regarde-moi tes mains, regarde-moi ta bouche. Que signifie tout ce barbouillage ?

   — No lo sé, tía.

   – Je ne sais pas, ma tante.

   — Bueno; pues yo sí lo sé. Es dulce, eso es. Mil veces te he dicho que como no dejes en paz ese dulce te voy a despellejar vivo. Dame esa vara.

   – Eh bien, moi je sais. C’est de la confiture. Je t’ai répété sur tous les tons que si tu ne laissais pas ces confitures tranquilles, tu recevrais une belle correction. Donne-moi cette badine. »

   La vara se cernió en el aire. Aquello tomaba mal cariz.

   La badine tournoya dans l’air. L’instant était critique.

   — ¡Dios mío! ¡Mire lo que tiene detrás, tía!

   « Oh ! mon Dieu ! Attention derrière toi, ma tante ! »

   La anciana giró en redondo, recogiéndose las faldas para esquivar el peligro; y en el mismo instante escapó el chico, se encaramó por la alta valla de tablas y desapareció tras ella.

   La vieille dame fit brusquement demi-tour en serrant ses jupes contre elle pour parer à tout danger. Le gaillard, en profitant, décampa, escalada la clôture en planches du jardin et disparut par le chemin.

   Su tía Polly se quedó un momento sorprendida y después se echó a reír bondadosamente.

   Dès qu’elle fut revenue de sa surprise, tante Polly éclata de rire.

   — ¡Diablo de chico! ¡Cuándo acabaré de aprender sus mañas! ¡Cuántas jugarretas como ésta no me habrá hecho, y aún le hago caso! Pero las viejas bobas somos más bobas que nadie. Perro viejo no aprende gracias nuevas, como suele decirse. Pero, ¡Señor!, si no me la juega del mismo modo dos días seguidos, ¿cómo va una a saber por dónde irá a salir? Parece que adivina hasta dónde puede atormentarme antes de que llegue a montar en cólera, y sabe, el muy pillo, que si logra desconcertarme o hacerme reír ya todo se ha acabado y no soy capaz de pegarle. No; la verdad es que no cumplo mi deber para con este chico: ésa es la pura verdad. Tiene el diablo en el cuerpo; pero, ¡qué le voy a hacer! Es el hijo de mi pobre hermana difunta, y no tengo entrañas para zurrarle. Cada vez que le dejo sin castigo me remuerde la conciencia, y cada vez que le pego se me parte el corazón. ¡Todo sea por Dios! Pocos son los días del hombre nacido de mujer y llenos de tribulación, como dice la Escritura, y así lo creo. Esta tarde se escapará del colegio y no tendré más remedio que hacerle trabajar mañana como castigo. Cosa dura es obligarle a trabajar los sábados, cuando todos los chicos tienen asueto; pero aborrece el trabajo más que ninguna otra cosa, y, o soy un poco rígida con él, o me convertiré en la perdición de ese niño.

   « Maudit garçon ! Je me laisserai donc toujours prendre ! J’aurais pourtant dû me méfier. Il m’a joué assez de tours pendables comme cela. Mais plus on vieillit, plus on devient bête. Et l’on prétend que l’on n’apprend pas aux vieux singes à faire la grimace ! Seulement, voilà le malheur, il ne recommence pas deux fois le même tour et avec lui on ne sait jamais ce qui va arriver. Il sait pertinemment jusqu’où il peut aller avant que je me fâche, mais si je me fâche tout de même, il s’arrange si bien pour détourner mon attention ou me faire rire que ma colère tombe et que je n’ai plus aucune envie de lui taper dessus. Je manque à tous mes devoirs avec ce garçon-là. Qui aime bien, châtie bien, dit la Bible, et elle n’a pas tort. Je nous prépare à tous deux un avenir de souffrance et de péché : Tom a le diable au corps, mais c’est le fils de ma pauvre sœur et je n’ai pas le courage de le battre. Chaque fois que je lui pardonne, ma conscience m’adresse d’amers reproches et chaque fois que je lève la main sur lui, mon vieux cœur saigne. Enfin, l’homme né de la femme n’a que peu de jours à vivre et il doit les vivre dans la peine, c’est encore la Bible qui le dit. Rien n’est plus vrai. Il va de nouveau faire l’école buissonnière tantôt et je serai forcée de le faire travailler demain pour le punir. C’est pourtant rudement dur de le faire travailler le samedi lorsque tous ses camarades ont congé, lui qui a une telle horreur du travail ! Il n’y a pas à dire, il faut que je fasse mon devoir, sans quoi ce sera la perte de cet enfant. »

   Tom hizo rabona, en efecto, y lo pasó en grande. Volvió a casa con el tiempo justo para ayudar a Jim, el negrito, a aserrar la leña para el día siguiente y hacer astillas antes de la cena; pero, al menos, llegó a tiempo para contar sus aventuras a Jim mientras éste hacía tres cuartas partes de la tarea. Sid, el hermano menor de Tom o mejor dicho, hermanastro, ya había dado fin a la suya de recoger astillas, pues era un muchacho tranquilo, poco dado a aventuras ni calaveradas.

   Tom fit l’école buissonnière et s’amusa beaucoup. Il rentra juste à temps afin d’aider Jim, le négrillon, à scier la provision de bois pour le lendemain et à casser du petit bois en vue du dîner. Plus exactement, il rentra assez tôt pour raconter ses exploits à Jim tandis que celui-ci abattait les trois quarts de la besogne. Sidney, le demi-frère de Tom, avait déjà, quant à lui, ramassé les copeaux : c’était un garçon calme qui n’avait point le goût des aventures.

   Mientras Tom cenaba y escamoteaba terrones de azúcar cuando la ocasión se le ofrecía, su tía le hacía preguntas llenas de malicia y trastienda, con el intento de hacerle picar el anzuelo y sonsacarle reveladoras confesiones. Como otras muchas personas, igualmente sencillas y candorosas, se envanecía de poseer un talento especial para la diplomacia tortuosa y sutil, y se complacía en mirar sus más obvios y transparentes artificios como maravillas de artera astucia. Así, le dijo:

   Au dîner, pendant que Tom mangeait et profitait de la moindre occasion pour dérober du sucre, tante Polly posa à son neveu une série de questions aussi insidieuses que pénétrantes dans l’intention bien arrêtée de l’amener à se trahir. Pareille à tant d’autres âmes candides, elle croyait avoir le don de la diplomatie et considérait ses ruses les plus cousues de fil blanc comme des merveilles d’ingéniosité.

   — Hacía bastante calor en la escuela, Tom; ¿no es cierto?

   « Tom, dit-elle, il devait faire bien chaud à l’école aujourd’hui, n’est-ce pas ?

   — Sí, señora.

   – Oui, ma tante.

   — Muchísimo calor, ¿verdad?

   – Il devait même faire une chaleur étouffante ?

   — Sí, señora.

   – Oui, ma tante.

   — ¿Y no te entraron ganas de irte a nadar?

   – Tu n’as pas eu envie d’aller nager ? »

   Tom sintió una vaga escama, un barrunto de alarmante sospecha. Examinó la cara de su tía Polly, pero nada sacó en limpio. Así es que contestó:

   Un peu inquiet, Tom commençait à ne plus se sentir très à son aise. Il leva les yeux sur sa tante, dont le visage était impénétrable.

   — No, tía; vamos..., no muchas.

   « Non, répondit-il… enfin, pas tellement. »

   La anciana alargó la mano y le palpó la camisa.

   La vieille dame allongea la main et tâta la chemise de Tom.

   — Pero ahora no tienes demasiado calor, con todo.

    Y se quedó tan satisfecha por haber descubierto que la camisa estaba seca sin dejar traslucir que era aquello lo que tenía en las mientes. Pero bien sabía ya Tom de dónde soplaba el viento. Así es que se apresuró a parar el próximo golpe.

   « En tout cas, tu n’as pas trop chaud, maintenant. » Et elle se flatta d’avoir découvert que la chemise était parfaitement sèche, sans que personne pût deviner où elle voulait en venir. Mais Tom savait désormais de quel côté soufflait le vent et il se mit en mesure de résister à une nouvelle attaque en prenant l’offensive.

   — Algunos chicos nos estuvimos echando agua por la cabeza. Aún la tengo húmeda. ¿Ve usted?

   « Il y a des camarades qui se sont amusés à nous faire gicler de l’eau sur la tête. J’ai encore les cheveux tout mouillés. Tu vois ? »

   La tía Polly se quedó mohína, pensando que no había advertido aquel detalle acusador, y además le había fallado un tiro. Pero tuvo una nueva inspiración.

   Tante Polly fut vexée de s’être laissé battre sur son propre terrain. Alors, une autre idée lui vint.

   — Dime, Tom: para mojarte la cabeza ¿no tuviste que descoserte el cuello de la camisa por donde yo te lo cosí? ¡Desabróchate la chaqueta!

   « Tom, tu n’as pas eu à découdre le col que j’avais cousu à ta chemise pour te faire asperger la tête, n’est-ce pas ? Déboutonne ta veste. »

   Toda sombra de alarma desapareció de la faz de Tom. Abrió la chaqueta. El cuello estaba cosido, y bien cosido.

   Les traits de Tom se détendirent. Le garçon ouvrit sa veste. Son col de chemise était solidement cousu.

   — ¡Diablo de chico! Estaba segura de que habrías hecho rabona y de que te habrías ido a nadar. Me parece, Tom, que eres como gato escaldado, como suele decirse, y mejor de lo que pareces. Al menos, por esta vez.

   « Allons, c’est bon. J’étais persuadée que tu avais fait l’école buissonnière et que tu t’étais baigné. Je te pardonne, Tom. Du reste, chat échaudé craint l’eau froide, comme on dit, et tu as dû te méfier, cette fois-ci. »

   Le dolía un poco que su sagacidad le hubiera fallado, y se complacía de que Tom hubiera tropezado y caído en la obediencia por una vez.

   Tante Polly était à moitié fâchée que sa sagacité eût été prise en défaut et à moitié satisfaite que l’on se fût montré obéissant, pour une fois.

   Pero Sid dijo:

   Mais Sidney intervint.

   — Pues mire usted: yo diría que el cuello estaba cosido con hilo blanco y ahora es negro.

   « Tiens, fit-il, j’en aurai mis ma main au feu. Je croyais que ce matin tu avais cousu son col avec du fil blanc, or ce soir le fil est noir.

   — ¡Cierto que lo cosí con hilo blanco! ¡Tom!

   – Mais c’est évident, je l’ai cousu avec du fil blanc ! Tom ! »

   Pero Tom no esperó el final. Al escapar gritó desde la puerta:

   Tom n’attendit pas son reste. Il fila comme une flèche et, avant de passer la porte, il cria :

   — Siddy, buena zurra te va a costar.

   « Sid, tu me paieras ça ! »

   Ya en lugar seguro, sacó dos largas agujas que llevaba clavadas debajo de la solapa. En una había enrollado hilo negro, y en la otra, blanco.

   Une fois en lieu sûr, Tom examina deux longues aiguilles piquées dans le revers de sa veste et enfilées l’une avec du fil blanc, l’autre avec du fil noir.

   «Si no es por Sid no lo descubre. Unas veces lo cose con blanco y otras con negro. ¡Por qué no se decidirá de una vez por uno a otro! Así no hay quien lleve la cuenta. Pero Sid me las ha de pagar, ¡reconcho!»

   « Sans ce maudit Sid, elle n’y aurait rien vu, pensa-t-il. Tantôt elle se sert de fil blanc, tantôt de fil noir. Je voudrais tout de même bien qu’elle se décide à employer soit l’un soit l’autre. Moi je m’y perds. En attendant Sid va recevoir une bonne raclée. Ça lui apprendra. »

   No era el niño modelo del lugar. Al niño modelo lo conocía de sobra, y lo detestaba con toda su alma.

   Tom n’était pas le garçon modèle du village, d’ailleurs il connaissait fort bien le garçon modèle et l’avait en horreur.

   Aún no habían pasado dos minutos cuando ya había olvidado sus cuitas y pesadumbres. No porque fueran ni una pizca menos graves y amargas de lo que son para los hombres las de la edad madura, sino porque un nuevo y absorbente interés las redujo a la nada y las apartó por entonces de su pensamiento, del mismo modo como las desgracias de los mayores se olvidan en el anhelo y la excitación de nuevas empresas. Este nuevo interés era cierta inapreciable novedad en el arte de silbar, en la que acababa de adiestrarle un negro, y que ansiaba practicar a solas y tranquilo. Consistía en ciertas variaciones a estilo de trino de pájaro, una especie de líquido gorjeo que resultaba de hacer vibrar la lengua contra el paladar y que se intercalaba en la silbante melodía. Probablemente el lector recuerda cómo se hace, si es que ha sido muchacho alguna vez. La aplicación y la perseverancia pronto le hicieron dar en el quid y echó a andar calle adelante con la boca rebosando armonías y el alma llena de regocijo. Sentía lo mismo que experimenta el astrónomo al descubrir una nueva estrella. No hay duda que en cuanto a lo intenso, hondo y acendrado del placer, la ventaja estaba del lado del muchacho, no del astrónomo.

   Deux minutes à peine suffirent à Tom pour oublier ses soucis, non pas qu’ils fussent moins lourds à porter que ceux des autres hommes, mais ils pâlissaient devant de nouvelles préoccupations d’un intérêt puissant, tout comme les malheurs s’effacent de l’esprit sous l’influence de cette fièvre qu’engendre toujours une nouvelle forme d’activité. Un nègre venait de lui apprendre une manière inédite de siffler et il mourait d’envie de la mettre en pratique. Cela consistait à imiter les trilles des oiseaux, à reproduire une sorte de gazouillement liquide en appliquant à intervalles rapprochés la langue contre le palais. Si jamais le lecteur a été un petit garçon, il se rappellera comment il faut s’y prendre. À force de zèle et d’application, Tom ne tarda pas à mettre la méthode au point et, la bouche toute remplie d’harmonies, l’âme débordante de gratitude, il commença à déambuler dans les rues du village. Il se sentait dans un état voisin de celui qu’éprouve un astronome ayant découvert une nouvelle planète et, sans aucun doute, d’ailleurs, sa jubilation était encore plus grande.

   Los crepúsculos caniculares eran largos. Aún no era de noche. De pronto Tom suspendió el silbido: un forastero estaba ante él; un muchacho que apenas le llevaba un dedo de ventaja en la estatura. Un recién llegado, de cualquier edad o sexo, era una curiosidad emocionante en el pobre lugarejo de San Petersburgo. El chico, además, estaba bien trajeado, y eso en un día no festivo. Esto era simplemente asombroso. El sombrero era coquetón; la chaqueta, de paño azul, nueva, bien cortada y elegante; y a igual altura estaban los pantalones. Tenía puestos los zapatos, aunque no era más que viernes. Hasta llevaba corbata: una cinta de colores vivos. En toda su persona había un aire de ciudad que le dolía a Tom como una injuria. Cuanto más contemplaba aquella esplendorosa maravilla, más alzaba en el aire la nariz con un gesto de desdén por aquellas galas y más rota y desastrada le iba pareciendo su propia vestimenta. Ninguno de los dos hablaba. Si uno se movía, se movía el otro, pero sólo de costado, haciendo rueda. Seguían cara a cara y mirándose a los ojos sin pestañear. Al fin, Tom dijo:

   Les soirées d’été étaient longues. Il ne faisait pas encore nuit. Bientôt, Tom s’arrêta de siffler. Un inconnu lui faisait face, un garçon guère plus grand que lui. Dans le pauvre petit village de Saint-Petersburg, tout visage nouveau excitait une profonde curiosité. De plus, ce garçon était bien habillé, très bien habillé même pour un jour de semaine. C’était tout bonnement ahurissant. Sa casquette était des plus élégantes et sa veste bleue, bien boutonnée, était aussi neuve que distinguée. Il en allait de même pour son pantalon. L’inconnu portait des souliers et une cravate de teinte vive. Il était si bien mis, il avait tellement l’air d’un citadin que Tom en éprouva comme un coup au creux de l’estomac. Plus Tom considérait cette merveille de l’art, plus il regardait de haut un pareil étalage de luxe, plus il avait conscience d’être lui-même habillé comme un chiffonnier. Les deux garçons restaient muets. Si l’un faisait un mouvement, l’autre l’imitait aussitôt, mais ils s’arrangeaient pour tourner l’un autour de l’autre sans cesser de se dévisager et de se regarder dans le blanc des yeux. Enfin Tom prit la parole.

   — Yo te puedo.

   « J’ai bonne envie de te flanquer une volée, dit-il.

   — Pues anda y haz la prueba.

   – Essaie un peu.

   — Pues sí que te puedo.

   – Ça ne serait pas difficile.

   — ¡A que no!

   – Tu dis ça, mais tu n’en es pas capable.

   — ¡A que sí!

   – Pas capable ?

   — ¡A que no!

   – Non, tu n’oseras pas.

   – Si !

   – Non ! »

   Siguió una pausa embarazosa. Después prosiguió Tom:

   Un moment de silence pénible, puis Tom reprit :

   — Y tú, ¿cómo te llamas?

   « Comment t’appelles-tu ?

   — ¿Y a ti que te importa?

   – Ça ne te regarde pas.

   — Pues si me da la gana vas a ver si me importa.

   – Si tu le prends sur ce ton, gare à toi.

   — ¿Pues por qué no te atreves?

   – Viens-y donc.

   — Como hables mucho lo vas a ver.

   – Encore un mot et tu vas voir.

   — ¡Mucho..., mucho..., mucho!

   – Un mot… un mot… tiens, ça en fait des tas tout ça. Eh bien, vas-y !

   — Tú te crees muy gracioso; pero con una mano atada atrás te podría dar una tunda si quisiera.

   – Oh ! Tu te crois malin, hein ? Tu ne sais pas que je pourrais te flanquer par terre d’une seule main si je le voulais.

   — ¿A que no me la das?...

   – Qu’est-ce que tu attends ?

   – Ça ne va pas tarder si tu continues.

   – Je connais la chanson. Il y a des gens qui sont restés comme ça pendant cent sept ans avant de se décider.

   — ¡Vaya un sombrero!

   – Dégourdi, va ! Tu te prends pour quelqu’un, hein ? Oh ! en voilà un chapeau !

   — Pues atrévete a tocármelo.

   – Tu n’as qu’à pas le regarder, ce chapeau, s’il ne te plaît pas. Seulement, ne t’avise pas d’y toucher, le premier qui y touchera ira mordre la poussière.

   — Lo que eres tú es un mentiroso.

   – Menteur !

   — Más lo eres tú.

   – Toi-même !

   – Tu crânes, mais tu n’as pas le courage d’aller jusqu’au bout !

   – Va voir là-bas si j’y suis.

   — Como me digas esas cosas agarro una piedra y te la estrello en la cabeza.

   – Dis donc, tu vas te taire, sans ça je t’assomme.

   — ¡A que no!

   – J’y compte bien.

   – Attends un peu.

   – Mais alors, décide-toi. Tu dis tout le temps que tu vas me sauter dessus, pourquoi ne le fais-tu pas ? C’est que tu as peur.

   — Lo que tú tienes es miedo.

   – Je n’ai pas peur.

   — Más tienes tú.

   – Si.

   – Non.

   – Si. »

   Otra pausa, y más miradas, y más vueltas alrededor. Después empezaron a empujarse hombro con hombro.

   Nouveau silence, nouveaux regards furibonds et nouveau manège des deux garçons dont les épaules finirent par se toucher.

   — Vete de aquí — dijo Tom.

   « Allez, file, déclara Tom.

   — Vete tú — contestó el otro.

   – Débarrasse donc le plancher toi-même.

   — No quiero.

   – Non.

   — Pues yo tampoco.

   – Eh bien, moi non plus. »

   Y así siguieron, cada uno apoyado en una pierna como en un puntal, y los dos empujando con toda su alma y lanzándose furibundas miradas. Pero ninguno sacaba ventaja. Después de forcejear hasta que ambos se pusieron encendidos y arrebatados los dos cedieron en el empuje, con desconfiada cautela, y Tom dijo:

   Pied contre pied, les deux garçons arc-boutés cherchèrent chacun à faire reculer l’adversaire. L’œil allumé par la haine, ni l’un ni l’autre ne put prendre l’avantage. Après avoir lutté ainsi jusqu’à devenir cramoisis, ils relâchèrent leurs efforts tout en s’observant avec prudence.

   — Tú eres un miedoso y un cobarde. Voy a decírselo a mi hermano grande, que te puede deshacer con el dedo meñique.

   « Tu es un lâche et un poseur, dit Tom. Je demanderai à mon grand frère de s’occuper de toi. Il t’écrasera d’une chiquenaude.

   — ¡Pues sí que me importa tu hermano! Tengo yo uno mayor que el tuyo y que si lo coge lo tira por encima de esa cerca. (Ambos hermanos eran imaginarios.)

   – Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? Mon frère est encore plus grand que le tien. Tu verras, il ne sera pas long à l’envoyer valser par-dessus cette haie. » (Les deux frères étaient aussi imaginaires l’un que l’autre.)

   — Eso es mentira.

   « Tu mens.

   — ¡Porque tú lo digas!

   – Pas tant que toi. »

   Tom hizo una raya en el polvo con el dedo gordo del pie y dijo:

   Tom traça une ligne dans la poussière avec son orteil et dit :

   — Atrévete a pasar de aquí y soy capaz de pegarte hasta que no te puedas tener. El que se atreva se la gana.

   « Si tu dépasses cette ligne, je te tape dessus jusqu’à ce que tu ne puisses plus te relever. »

   El recién venido traspasó en seguida la raya y dijo:

   L’inconnu franchit immédiatement la ligne.

   Ya está: a ver si haces lo que dices.

   « Maintenant, vas-y un peu.

   — No me vengas con ésas; ándate con ojo.

   – N’essaie pas de jouer au plus malin avec moi. Méfie-toi.

   — Bueno, pues ¡a que no lo haces!

   – Mais qu’est-ce que tu attends ?

   — ¡A que sí! Por dos centavos lo haría.

   – En voilà assez, pour deux sous, je te casse la figure ! »

   El recién venido sacó dos centavos del bolsillo y se los alargó burlonamente. Tom los tiró contra el suelo. En el mismo instante rodaron los dos chicos, revolcándose en la tierra, agarrados como dos gatos, y durante un minuto forcejearon asiéndose del pelo y de las ropas, se golpearon y arañaron las narices, y se cubrieron de polvo y de gloria. Cuando la confusión tomó forma, a través de la polvareda de la batalla apareció Tom sentado a horcajadas sobre el forastero y moliéndolo a puñetazos.

    — ¡Date por vencido!

   Le garçon sortit deux pièces de cuivre de sa poche et les tendit à Tom d’un air narquois. Tom les jeta à terre. Alors, tous deux roulèrent dans la poussière, agrippés, l’un à l’autre comme des chats. Pendant une longue minute, ils se tirèrent par les cheveux et par les vêtements, se griffèrent et s’administrèrent force coups de poing sur le nez, se couvrant à la fois de poussière et de gloire. Bientôt, la masse confuse formée par les deux combattants émergea d’un nuage poudreux et Tom apparut à califourchon sur le jeune étranger dont il labourait énergiquement les côtes. « Tu en as assez ? » fit Tom.

   El forastero no hacía sino luchar para libertarse. Estaba llorando, sobre todo de rabia.

   Le garçon se débattit. Il pleurait, mais surtout de rage.

   — ¡Date por vencido! — y siguió el machacamiento.

   « Tu en as assez ? » Pas de réponse, et Tom recommença à taper sur l’autre.

   Al fin el forastero balbuceó un «me doy», y Tom le dejó levantarse y dijo:

   Enfin, l’étranger demanda grâce : Tom le laissa se relever.

   — Eso, para que aprendas. Otra vez ten ojo con quién te metes.

   « J’espère que ça te servira de leçon, fit-il. La prochaine fois, tâche de savoir à qui tu te frottes. »

   El vencido se marchó sacudiéndose el polvo de la ropa, entre hipos y sollozos, y de cuando en cuando se volvía moviendo la cabeza y amenazando a Tom con lo que le iba a hacer «la primera vez que lo sorprendiera». A lo cual Tom respondió con mofa, y se echó a andar con orgulloso continente. Pero tan pronto como volvió la espalda, su contrario cogió una piedra y se la arrojó, dándole en mitad de la espalda, y en seguida volvió grupas y corrió como un antílope. Tom persiguió al traidor hasta su casa, y supo así dónde vivía. Tomó posiciones por algún tiempo junto a la puerta del jardín y desafió a su enemigo a salir a campo abierto; pero el enemigo se contentó con sacarle la lengua y hacerle muecas detrás de la vidriera. Al fin apareció la madre del forastero, y llamó a Tom malo, tunante y ordinario, ordenándole que se largase de allí. Tom se fue, pero no sin prometer antes que aquel chico se las había de pagar.

   Le garçon s’en alla en secouant la poussière de ses habits. Il haletait, reniflait, se détournait parfois en relevant le menton et criait à Tom ce qu’il lui réservait pour le jour où il le « repincerait », ce à quoi Tom répondait par des sarcasmes. Fier comme Artaban, il rebroussa chemin. À peine eut-il le dos tourné que son adversaire ramassa une pierre, la lança, l’atteignit entre les deux épaules et prit ses jambes à son cou. Tom se précipita à la suite du traître et le poursuivit jusqu’à sa demeure, apprenant ainsi où il habitait. Il resta un moment à monter la garde devant la porte. « Sors donc, si tu oses ! » dit-il à son ennemi, mais l’ennemi, le nez collé à la vitre d’une fenêtre, se contenta de lui répondre par une série de grimaces jusqu’à ce que sa mère arrivât et traitât Tom d’enfant méchant et mal élevé, non sans le prier de prendre le large. Forcé d’abandonner la partie, Tom fit demi-tour en se jurant bien de régler son compte au garçon.

   Llegó muy tarde a casa aquella noche, y al encaramarse cautelosamente a la ventana cayó en una emboscada preparada por su tía, la cual, al ver el estado en que traía las ropas, se afirmó en la resolución de convertir el asueto del sábado en cautividad y trabajos forzados.

   Il rentra chez lui fort tard et, au moment où il se faufilait par la fenêtre, il tomba dans une embuscade. Sa tante l’attendait. Lorsqu’elle vit dans quel état se trouvaient ses vêtements, elle prit la décision irrévocable d’empêcher son neveu de sortir le lendemain, bien que ce fût jour de congé.

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