Las aventuras de Tom Sawyer

LES AVENTURES DE TOM SAWYER

   Capítulo XXVI

   CHAPITRE XXVI

   Serían las doce del siguiente día cuando los dos amigos llegaron al árbol muerto: iban en busca de sus herramientas. Tom sentía gran impaciencia por ir a la casa encantada; Huck la sentía también, aunque en grado prudencial, pero de pronto dijo:

   Vers midi, le lendemain, Tom et Huck retournèrent à l’arbre mort pour chercher leurs outils. Tom avait hâte d’arriver à la maison hantée. Huck était moins pressé. Soudain, ce dernier s’écria :

   — Oye, Tom, ¿sabes qué día es hoy?

   « Hé ! Tom ! Sais-tu quel jour nous sommes aujourd’hui ? »

   Tom repasó mentalmente los días de la semana y levantó de repente los ojos alarmados.

   Tom se livra à une récapitulation rapide des jours de la semaine et fit les yeux ronds.

   — ¡Anda!, no se me había ocurrido pensar en eso.

   « Sapristi ! Je n’avais pas pensé à cela, Huck.

   — Tampoco a mí; pero me vino de golpe la idea de que era viernes.

   – Moi non plus, mais je me suis rappelé tout à coup que c’était vendredi.

   — ¡Qué fastidio! Todo cuidado es poco, Huck. Acaso hayamos escapado de buena por no habernos metido en esto en un viernes.

   – Ça, c’est embêtant, Huck. Il va falloir faire très attention. Ça pourrait nous porter malheur de nous mettre au travail un vendredi.

   — ¡Acaso!... Seguro que sí. Puede ser que haya días de buena suerte, ¡pero lo que es los viernes...!

   – Tu veux dire que ça va nous porter malheur. Le vendredi, c’est toujours un jour de guigne.

   — ¡Todo el mundo sabe eso! No creas que has sido tú el primero que lo ha descubierto.

   – Tu n’es pas le premier à faire cette découverte, mon vieux.

   — ¿He dicho yo que era el primero? Y no es sólo que sea viernes, sino que además anoche tuve un mal sueño: soñé con ratas.

   – Je n’ai pas cette prétention, seulement ça ne change rien. C’est connu. Et puis, Tom, j’ai eu un cauchemar cette nuit. J’ai rêvé de rats.

   — ¡No! Señal de apuros. ¿Reñían?

   – C’est vrai ? Oh ! Oh ! C’est mauvais signe, ça. Est-ce qu’ils se battaient ?

   — No.

   – Non.

   — Eso es bueno, Huck. Cuando no riñen es sólo señal de que anda rondando un apuro. No hay más que andar listo y librarse de él. Vamos a dejar eso por hoy, y jugaremos. ¿Sabes jugar a Robin Hood?

   – Ça vaut mieux. Quand les rats ne se battent pas, ça veut seulement dire qu’il y a du grabuge dans l’air. En tout cas, il va falloir être joliment prudent. Réflexion faite, il vaut même mieux rester tranquille aujourd’hui et nous amuser. Connais-tu Robin des Bois, Huck ?

   — No; ¿quién es Robin Hood?

   – Non. Qui est Robin des Bois ?

   — Pues era uno de los más grandes hombres que hubo en Inglaterra... y el mejor. Era un bandido.

   – Il a été l’un des plus grands hommes d’Angleterre. C’était un voleur.

   — ¡Qué gusto! ¡Ojalá lo fuera yo! ¿A quién robaba?

   – Oh ! alors, je voudrais bien en être un. Qui a-t-il volé ?

   — Unicamente a los sheriff y obispos y a los ricos y reyes y gente así. Nunca se metía con los pobres. Los quería mucho. Siempre iba a partes iguales con ellos, hasta el último centavo.

   – Rien que des shérifs, des évêques, des richards, des rois et des gens de cet acabit-là. Mais il ne s’est jamais attaqué aux pauvres. Il les aimait et il a toujours partagé avec eux ce qu’il avait.

   — Bueno, pues debía de ser un hombre con toda la barba.

   – Ça devait être un chic type.

   — Ya lo creo. Era la persona más noble que ha habido nunca. Podía a todos los hombres de Inglaterra con una mano atada atrás; y cogía su arco de tejo y atravesaba una moneda de diez centavos, sin marrar una vez, a milla y media de distancia.

   – Je crois bien ! C’était l’homme le plus noble qui ait jamais existé. Il n’y a plus de types comme ça de nos jours, tu peux me croire. Il pouvait tuer n’importe qui d’une seule main. Il prenait son arc en bois d’if et faisait mouche sur une pièce de deux sous qu’on avait placée deux kilomètres plus loin.

   — ¿Qué es un arco de tejo?

   – Qu’est-ce que c’est qu’un arc en bois d’if ?

   — No lo sé. Es una especie de arco, por supuesto. Y si daba a la moneda nada más que en el borde, se tiraba al suelo y lloraba, echando maldiciones. Jugaremos a Robin Hood; es muy divertido. Yo te enseñaré.

   – Je ne sais pas. C’est une espèce d’arc… et s’il ne faisait qu’effleurer sa pièce, il se mettait à pleurer et à jurer. Tiens, nous allons jouer à Robin des Bois. C’est un jeu magnifique. Je t’apprendrai.

   — Conforme.

   – Si tu veux. »

   Jugaron, pues, a Robin Hood toda la tarde, echando de vez en cuando una ansiosa mirada a la casa de los duendes y hablando de los proyectos para el día siguiente y de lo que allí pudiera ocurrirles. Al ponerse el sol emprendieron el regreso por entre las largas sombras de los árboles y pronto desaparecieron bajo las frondosidades del monte Cardiff.

   Ainsi les deux compères passèrent leur journée à s’amuser, mais sans cesser de jeter en direction de la maison hantée des regards impatients et d’évaluer leurs chances pour le lendemain. Quand le soleil descendit à l’horizon, ils prirent le chemin du retour à travers les grandes ombres qui s’allongeaient sous leurs pas, et furent vite dérobés aux regards par la forêt de la colline de Cardiff.

   El sábado, poco después de mediodía, estaban otra vez junto al árbol seco. Echaron una pipa, charlando a la sombra, y después cavaron un poco en el último hoyo, no con grandes esperanzas y tan sólo porque Tom dijo que había muchos casos en que algunos habían desistido de hallar un tesoro cuando ya estaban a dos dedos de él, y después otro había pasado por allí y lo había sacado con un solo golpe de pala. La cosa falló esta vez, sin embargo; así es que los muchachos se echaron al hombro las herramientas y se fueron, con la convicción de que no habían bromeado con la suerte, sino que habían llenado todos los requisitos y ordenanzas pertinentes al oficio de cazadores de tesoros.

   Le samedi, un peu après midi, Tom et Huck arrivèrent au pied de l’arbre mort. Ils fumèrent une pipe en devisant et, sans grande conviction, allèrent creuser un peu le trou qu’ils avaient abandonné la nuit précédente, uniquement parce que Tom avait déclaré que souvent les gens renonçaient à tout espoir à quelques centimètres du but et que le premier venu déterrait d’un seul coup de pelle le trésor qu’ils avaient eux-mêmes négligé. Ce ne fut pas le cas cette fois-là et nos deux gaillards, leurs outils sur l’épaule, partirent bientôt chercher fortune ailleurs.

   Cuando llegaron a la casa encantada había algo tan fatídico y medroso en el silencio de muerte que allí reinaba bajo el sol abrasador, y algo tan desalentador en la soledad y desolación de aquel lugar, que por un instante tuvieron miedo de aventurarse dentro. Después, se deslizaron hacia la puerta y atisbaron, temblando, el interior. Vieron una habitación en cuyo piso, sin pavimento, crecía la hierba y con los muros sin revocar; una chimenea destrozada, las ventanas sin cierres y una escalera ruinosa; y por todas partes telas de araña colgantes y desgarradas. Entraron de puntillas, latiéndoles el corazón, hablando en voz baja, alerta el oído para atrapar el más leve ruido y con los músculos tensos y preparados para la huida.

   Lorsqu’ils atteignirent la maison hantée, chauffée à blanc par le soleil, ils furent saisis par l’atmosphère étrange et le silence de mort qui l’entouraient. La sinistre désolation du lieu les impressionna à tel point qu’ils hésitèrent d’abord à entrer. Puis ils s’aventurèrent jusqu’à la porte et se risquèrent, en tremblant, à jeter un coup d’œil à l’intérieur. Ils virent une pièce au sol de terre battue, aux murs de pierre nue, envahie par les mauvaises herbes, une cheminée délabrée, des fenêtres sans carreaux, un escalier en ruine et, partout, des toiles d’araignée qui s’effilochaient. L’oreille tendue, le souffle court, prêt à battre en retraite à la moindre alerte, ils entrèrent à pas prudents.

   A poco la familiaridad aminoró sus temores y pudieron examinar minuciosamente el lugar en que estaban, sorprendidos y admirados de su propia audacia. En seguida quisieron echar una mirada al piso de arriba. Subir era cortarse la retirada, pero se azuzaron el uno al otro y eso no podía tener más que un resultado: tiraron las herramientas en un rincón y subieron. Allí había las mismas señales de abandono y ruina. En un rincón encontraron un camaranchón que prometía misterioso; pero la promesa fue un fraude: nada había allí. Estaban ya rehechos y envalentonados. Se disponían a bajar y ponerse al trabajo cuando...

   Au bout d’un moment, ils s’habituèrent, leur crainte s’atténua, ils commencèrent à examiner la pièce en détail, non sans admirer beaucoup la hardiesse dont ils faisaient preuve. Ensuite, l’idée leur vint de monter voir ce qui se trouvait dans les pièces du haut. C’était assez téméraire, car, en cas de danger, toute retraite leur serait coupée, mais ils se mirent mutuellement au défi de le faire. Le résultat était prévisible : ils posèrent leurs outils dans un coin et commencèrent la périlleuse ascension. En haut, tout n’était également que décombres. Ils découvrirent dans un coin un placard qui leur parut mystérieux. Déception : il était vide. Ayant recouvré tout leur courage, ils allaient redescendre et se mettre au travail, quand…

   — ¡Chist! — dijo Tom.

   « Chut ! fit Tom.

   – Qu’y a-t-il ? murmura Huck, blême de frayeur.

   – Là. Tu entends ?

   — ¿Qué? ¡Ay Dios! ¡Corramos!

   – Oui ! Oh ! mon Dieu, fichons le camp !

   — Estáte quieto, Huck. No te muevas. Vienen derechos hacia la puerta.

   – Tiens-toi tranquille ! Ne bouge pas. Les voilà qui arrivent ! »

   Se tendieron en el suelo, con los ojos pegados a los resquicios de las tarimas, y esperaron en una agonía de espanto.

   Les garçons s’allongèrent à plat ventre sur le plancher, l’œil collé à une fissure. Ils grelottaient de peur.

   — Se han parado... No, vienen... Ahí están. No hables, Huck. ¡Dios, quién se viera lejos!

   « Ils se sont arrêtés… Non… Ils approchent… Les voilà ! Pas un mot, Huck. Oh ! mon Dieu ! Je voudrais bien être ailleurs. »

   Dos hombres entraron. Cada uno de los chicos se dijo a sí mismo:

    — Ahí está el viejo español sordomudo que ha andado una o dos veces por el pueblo estos días; al otro no lo he visto nunca.

   Deux hommes entrèrent. Chacun des garçons se dit en lui-même : « Tiens, je reconnais le vieux sourd-muet espagnol qui est venu au village une ou deux fois ces derniers temps. L’autre, je ne sais pas qui c’est. »

   «El otro» era un ser haraposo y sucio y de no muy atrayente fisonomía. El español estaba envuelto en un sarape; tenía unas barbas blancas y aborrascadas, largas greñas, blancas también, que le salían por debajo del ancho sombrero, y llevaba anteojos verdes. Cuando entraron, «el otro» iba hablando en voz baja. Se sentaron en el suelo, de cara a la puerta y de espaldas al muro, y el que llevaba la palabra continuó hablando. Poco a poco sus ademanes se hicieron menos cautelosos y más audibles sus palabras.

   « L’autre », qui parlait à voix basse, était un individu malpropre et couvert de haillons dont la mine ne disait rien de bon. L’Espagnol était drapé dans un serape. Il avait d’épais favoris tout blancs, de longs cheveux qui s’échappaient de dessous son sombrero et il portait des lunettes vertes. Les deux hommes allèrent s’asseoir contre le mur, face à la porte. « L’autre » parlait toujours, mais avec moins de précautions, et ses mots se firent plus distincts.

   — No —dijo—. Lo he pensado bien y no me gusta. Es peligroso.

   « Tu sais, finit-il par dire, j’ai bien réfléchi. Ça ne me plaît pas. C’est trop dangereux.

   — ¡Peligroso! —refunfuñó el español «sordomudo», con gran sorpresa de los muchachos—. ¡Gallina!

   – Dangereux ! bougonna le sourd-muet espagnol, à la grande stupeur des deux garçons. Froussard, va ! »

   Su voz dejó a aquéllos atónitos y estremecidos. ¡Era Joe el Indio! Hubo un largo silencio; después dijo Joe:

   Tom et Huck se regardèrent, pâles d’effroi. Ils venaient de reconnaître la voix de Joe l’Indien. Celui-ci se remit à parler, après une courte pause.

   — No es más peligroso que el golpe de allá arriba, y nada nos vino de él.

   « Voyons, ce ne sera pas plus dangereux que notre dernier coup et, ma foi, nous ne nous en sommes pas si mal tirés.

   — Eso es diferente. Tan lejos río arriba y sin ninguna otra casa cerca. Nunca se podría saber que lo habíamos intentado si nos fallaba.

   – Il n’y a aucun rapport. Ça se passait tout en haut de la rivière à un endroit complètement isolé. De toute façon, personne ne saura qu’on a essayé, puisqu’on n’a pas réussi.

   — Bueno; ¿y qué cosa hay de más peligro que venir aquí de día? Cualquiera que nos viese sospecharía.

   – En tout cas, ce ne sera pas plus risqué que de venir ici en plein jour. N’importe qui pourrait se douter de quelque chose en nous voyant, déclara « l’autre » d’un ton désagréable.

   — Ya lo sé. Pero no había ningún otro sitio tan a la mano después de aquel golpe idiota. Yo quiero irme de esta conejera. Quise irme ayer pero de nada servía tratar de asomar fuera la oreja con aquellos condenados chicos jugando allí en lo alto, frente por frente.

   – Je le sais bien. Que veux-tu ? Je n’ai aucune envie, moi non plus, de m’éterniser dans cette bicoque, mais je n’ai rien trouvé de plus commode après ce coup raté. Je serais bien parti hier, s’il n’y avait pas eu ces maudits gamins qui s’amusaient sur la colline, juste en face de nous. »

   Los «condenados chicos» se estremecieron de nuevo al oír esto, y pensaron en la suerte que habían tenido el día antes en acordarse de que era viernes y dejarlo para el siguiente. ¡Cómo se dolían de no haberlo dejado para otro año!

   Les « maudits gamins » tremblèrent à cette remarque lourde de sous-entendus et se réjouirent intérieurement de ne pas avoir mis leur projet à exécution la veille. Si seulement ils avaient attendu encore un an !

   Los dos hombres sacaron algo de comer y almorzaron. Después de una larga y silenciosa meditación dijo Joe el Indio:

   Les deux hommes tirèrent quelques provisions d’une besace et cassèrent la croûte en silence.

   — Óyeme, muchacho: tú te vuelves río arriba a tu tierra. Esperas allí hasta que oigas de mí. Yo voy a arriesgarme a caer por el pueblo nada más que otra vez, para echar una mirada por allí. Daremos el golpe «peligroso» después de que yo haya atisbado un poco y vea que las cosas se presentan bien. Después, ¡a Texas! Haremos el camino juntos.

   « Dis donc, mon vieux, fit Joe au bout d’un certain temps, tu iras m’attendre chez toi au bord de la rivière. Moi, je tâcherai d’aller voir ce qui se passe au village. Si tout se présente bien, nous liquiderons ce travail « dangereux ». Puis en route pour le Texas. Nous ficherons le camp tous les deux !

    – Entendu. »

   Aquello parecía aceptable. Después los dos empezaron a bostezar, y Joe dijo:

   Les deux hommes bâillèrent.

   — Estoy muerto de sueño. A ti te toca vigilar.

   « Je tombe de sommeil, dit Joe. Je vais dormir un peu. Toi, tu monteras la garde. C’est ton tour. »

   Se acurrucó entre las hierbas y a poco empezó a roncar. Su compañero le hurgó para que guardase silencio. Después el centinela comenzó a dar cabezadas, bajando la cabeza cada vez más, y a poco rato los dos roncaban a la par.

   Il se coucha en chien de fusil sur les herbes folles et ne tarda pas à s’endormir. Son compagnon s’étira, bâilla de nouveau, ferma les yeux et, quelques instants plus tard, les deux hommes ronflaient comme des bienheureux.

   Los muchachos respiraron satisfechos.

   En haut, les deux garçons poussèrent un soupir de soulagement.

   — ¡Ahora es la nuestra! —murmuró Tom—. ¡Vámonos!

   « C’est le moment de filer, glissa Tom à l’oreille de Huck. Viens.

   — No puedo —respondió Huck—: me caería muerto si se despertasen.

   – Non, je ne peux pas. J’ai trop peur. Pense un peu. Si jamais ils se réveillaient ! »

   Tom insistía; Huck no se determinaba. Al fin Tom se levantó, lentamente y con gran cuidado, y echó a andar solo. Pero al primer paso hizo dar tal crujido al desvencijado pavimento, que volvió a tenderse en el suelo anonadado de espanto. No osó repetir el intento. Allí se quedaron contando los interminables momentos, hasta parecerles que el tiempo ya no corría y que la eternidad iba envejeciendo; y después notaron con placer que al fin se estaba poniendo el sol.

   Tom insista. Huck résistait. Tom se leva et se mit en marche, lentement, précautionneusement. Dès le premier pas, le plancher vermoulu rendit un son épouvantable. Notre héros crut mourir de peur. Il n’essaya pas une seconde fois. Les deux amis restèrent là immobiles, comptant les secondes qui se traînaient comme si le temps s’était arrêté, cédant la place à une insupportable éternité. À un moment, ils s’aperçurent avec joie que la nuit tombait.

   En aquel momento cesó uno de los ronquidos. Joe el Indio se sentó, miró alrededor y dirigió una aviesa sonrisa a su camarada, el cual tenía colgando la cabeza entre las rodillas. Le empujó con el pie, diciéndole:

   En bas, Joe l’Indien s’agita et cessa de ronfler. Il se dressa sur son séant, regarda son camarade d’un air méprisant et lui décocha un coup de pied.

   — ¡Vamos! ¡Vaya un vigilante que estás hecho! Pero no importa; nada ha ocurrido.

   « Tu parles d’un veilleur !

   — ¡Diablo! ¿Me he dormido?

   – Quoi ! fit l’autre en se réveillant en sursaut. J’ai dormi ?

   — Unas miajas. Ya es tiempo de ponerse en marcha, compadre. ¿Qué vamos a hacer con lo poco de pasta que nos queda?

   – On dirait. Dieu merci, il ne s’est rien passé. Allons, il est temps de partir. Qu’est-ce qu’on fait de notre magot ?

   — No sé qué te diga; me parece que dejarla aquí como siempre hemos hecho. De nada sirve que nos lo llevemos hasta que salgamos hacia el Sur. Seiscientos cincuenta dólares en plata pesan un poco para llevarlos.

   – Je n’en sais rien… Je crois qu’il vaut mieux le laisser ici. Nous l’emporterons quand nous partirons pour le Texas. Six cent cinquante dollars en argent, c’est lourd à transporter.

   — Bueno; está bien...; no importa volver otra vez por aquí.

   – Tu as raison… On sera obligés de remettre les pieds dans cette baraque. Tant pis.

   — No; pero habrá que venir de noche, como hacíamos antes. Es mejor.

   – À condition de revenir la nuit. Pas de bêtises, hein !

   — Sí, pero mira: puede pasar mucho tiempo antes de que se presente una buena ocasión para este golpe; pueden ocurrir accidentes, porque el sitio no es muy bueno. Vamos a enterrarlo de verdad y a enterrarlo hondo.

   – Écoute-moi. Je ne réussirai peut-être pas tout de suite mon coup. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Ce serait peut-être plus prudent d’enterrer nos dollars à cet endroit.

   — ¡Buena idea! — dijo el compinche; y atravesando la habitación de rodillas, levantó una de las losas del fogón y sacó un talego del que salia un grato tintineo. Extrajo de él veinte o treinta dólares para él y otros tantos para Joe, y entregó el talego a éste, que estaba arrodillado en un rincón, haciendo un agujero en el suelo con su cuchillo.

   – Bonne idée », fit le camarade du pseudo-sourd-muet qui traversa la pièce et s’agenouilla devant la cheminée, souleva une dalle et brandit un sac dont le contenu tinta agréablement. Il l’ouvrit, en sortit pour son propre usage vingt ou trente dollars et en donna autant à Joe, fort occupé à creuser le sol, à l’aide de son couteau.

   En un instante olvidaron los muchachos todos sus temores y angustias. Con ávidos ojos seguían hasta los menores movimientos. ¡Qué suerte! ¡No era posible imaginar aquello! Seiscientos dólares era dinero sobrado para hacer ricos a media docena de chicos. Aquello era la casa de tesoros bajo los mejores auspicios: ya no habría enojosas incertidumbres sobre dónde había que cavar. Se hacían guiños a indicaciones con la cabeza: elocuentes signos fáciles de interpretar porque no significaban más que esto: «Dime, ¿no estás contento de estar aquí?».

   En un clin d’œil, Tom et Huck oublièrent toutes leurs craintes. Le regard brûlant de convoitise, ils suivaient les moindres gestes des deux complices. Quelle chance ! Ça dépassait tout ce qu’il était possible d’imaginer. Six cent cinquante dollars ! Une fortune, de quoi rendre riche une bonne douzaine de leurs camarades. Plus la peine de se fatiguer à chercher. Le trésor était là, à portée de leurs mains. Ils échangèrent une série de coups de coude éloquents, comme pour se dire : « Hein, tu n’es pas content d’être ici ? »

   El cuchillo de Joe tropezó con algo.

   Le couteau de Joe heurta quelque chose de dur.

   — ¡Hola! — dijo aquél.

   « Hé ! dis donc ! fit-il.

   — ¿Qué es eso? — preguntó su compañero.

   – Qu’est-ce qu’il y a ? demanda son camarade.

   — Una tabla medio podrida... No; es una caja. Echa una mano y veremos para qué está aquí. No hace falta: le he hecho un boquete.

   – Une planche pourrie… Non, c’est un coffre, aide-moi. On va voir ce que c’est. »

   Metió por él la mano y la sacó en seguida.

   Il plongea la main dans l’orifice qu’il avait pratiqué avec son couteau.

   — ¡Cristo! ¡Es dinero!

   « Oh ! ça, par exemple ! De l’argent ! »

   Ambos examinaron el puñado de monedas. Eran de oro. Tan sobreexcitados como ellos estaban los dos rapaces allá arriba, y no menos contados.

   Les deux hommes examinèrent la poignée de pièces que Joe avait sorties du coffre. C’était de l’or. Tom et Huck étaient aussi émus que les deux bandits.

   El compañero de Joe dijo:

   — Esto lo arreglaremos a escape. Aquí hay un pico viejo entre la broza, en el rincón, al otro lado de la chimenea. Acabo de verlo.

   « Attends, fit « l’autre ». Ça ne va pas être long. Il y a une vieille pioche toute rouillée auprès de la cheminée. Je l’ai vue il y a une minute. »

   Fue corriendo y volvió con el pico y la gala de los muchachos. Joe el Indio cogió el pico, lo examinó minuciosamente, sacudió la cabeza, murmuró algo entre dientes y comenzó a usarlo. En un momento desenterró la caja. No era muy grande y estaba reforzada con herrajes, y había sido muy recia antes de que el lento pasar de los años la averiase. Los dos hombres contemplaron el tesoro con beatífico silencio.

   Il courut à la cheminée et rapporta la pelle et la pioche abandonnées par Tom et Huck. Joe prit la pioche, l’examina en fronçant les sourcils, murmura quelque chose entre ses dents et se mit au travail. Le coffre sortit bientôt de terre. Il n’était pas bien gros. Il était cerclé de fer et avait dû être très solide avant d’être rongé par l’humidité. Les deux hommes contemplèrent le trésor en silence.

   — Compadre, aquí hay miles de dólares — dijo Joe el Indio.

   « Eh bien, mon vieux, finit par dire Joe, il y a des milliers de dollars là-dedans.

   — Siempre se dijo que los de la cuadrilla de Murrel anduvieron por aquí un verano — observó el desconocido.

   – J’ai toujours entendu dire que Murrel et sa bande avaient rôdé tout un été de ce côté-ci, remarqua son complice.

   — Ya lo sé —dijo Joe—, y esto tiene traza de ser cosa de ellos.

   – Je le sais. C’est sûrement lui qui a enterré le coffre.

   — Ahora ya no necesitarás dar aquel golpe.

   – Maintenant, Joe, tu peux renoncer au coup que tu as projeté. »

   El mestizo frunció el ceño.

   Le métis fronça les sourcils.

   — Tú no me conoces —dijo—. Por lo menos no sabes nada del caso. No se trata sólo de un robo: es una venganza —y un maligno fulgor brilló en sus ojos—. Necesitaré que me ayudes. Cuando esté hecho..., entonces, a Texas. Vete a tu casa con tu parienta, y tus chicos, y estáte preparado para cuando yo diga.

   « Tu ne me connais pas. Ou alors tu ne sais pas la suite. Eh bien, mon vieux, il ne s’agit pas d’un vol mais d’une vengeance. D’ailleurs, j’aurai besoin de toi. Après… le Texas. Va retrouver ta femme et tes gosses, et attends que je te fasse signe.

   — Bueno, si tú lo dices. ¿Qué haremos con esto? ¿Volverlo a enterrar?

   – Comme tu voudras. Que va-t-on faire du coffre ? On le remet en place ?

   — Sí. (Gran júbilo en el piso de arriba.) No, ¡de ningún modo!, ¡no! (Profundo desencanto en lo alto.) Ya no me acordaba. Ese pico tiene pegada tierra fresca. (Terror en los muchachos.) ¿Qué hacían aquí esa pala y ese pico? ¿Quién los trajo aquí... y dónde se ha ido el que los trajo? ¡Quiá! ¿Enterrarlo aquí y que vuelvan y vean el piso removido? No en mis días. Lo llevaremos a mi cobijo.

   – Oui. (Joie délirante à l’étage supérieur.) Non… Non ! (Profonde déception à l’étage supérieur.) J’allais oublier cette pioche. Il y a encore de la terre toute fraîche au bout. (Les deux garçons devinrent d’une pâleur de cendre.) Pourquoi y a-t-il une pioche ici, hein ? Pourquoi y a-t-il une pelle à laquelle sont encore attachées des mottes de terre ? Qui les a apportées ? As-tu entendu quelque chose ? As-tu vu quelqu’un ? Non ! Eh bien, ceux qui ont apporté la pelle et la pioche sont partis, mais ils vont revenir et, s’ils voient qu’on a remué la terre, ils creuseront et trouveront le coffre. Alors, moi je vais l’emporter dans ma cachette.

   — ¡Claro que sí! Podíamos haberlo pensado antes. ¿Piensas que al número uno?

   – Bien sûr. On aurait dû penser à cela plus tôt. Tu le cacheras au numéro 1 ?

   — No, al número dos, debajo de la cruz. El otro sitio no es bueno..., demasiado conocido.

   – Non, non. Pas au numéro 1. Au numéro 2, sous la croix. L’autre, c’est trop facile à découvrir.

   — Muy bien. Ya está casi lo bastante oscuro para irnos.

   – Ça va. Il fait presque assez noir pour s’en aller. »

   Joe el Indio fue de ventana en ventana atisbando cautelosamente. Después dijo:

   Joe l’Indien alla d’une fenêtre à l’autre pour regarder ce qui se passait autour de la maison.

   — ¿Quién podrá haber traído aquí esas herramientas? ¿Te parece que puedan estar arriba?

   « Il n’y a personne en vue, dit-il. Mais je me demande qui a bien pu apporter ces outils ici. Dis donc, ils sont peut-être en haut, qu’est-ce que tu en penses ? »

   Los muchachos se quedaron sin aliento.. Joe el Indio puso la mano sobre el cuchillo, se detuvo un momento, indeciso, y después dio media vuelta y se dirigió a la escalera. Los chicos se acordaron del camaranchón, pero estaban sin fuerzas, desfallecidos. Los pasos crujientes se acercaban por la escalera... La insufrible angustia de la situación despertó sus energías muertas, y estaban ya a punto de lanzarse hacia el cuartucho, cuando se oyó un chasquido y el derrumbamiento de maderas podridas, y Joe el Indio se desplomó, entre las ruinas de la escalera. Se incorporó, echando juramentos, y su compañero le dijo.

   Tom et Huck en eurent le souffle coupé. Joe caressa le manche de son couteau, hésita un instant, puis se dirigea vers l’escalier. Les deux garçons pensèrent à aller se cacher dans le placard, mais ils n’en eurent pas la force. Les premières marches de l’escalier gémirent. L’imminence du péril redonna du courage aux deux amis et ils allaient se précipiter vers le placard quand ils entendirent un craquement sinistre. Joe poussa un juron et dégringola au milieu des débris de l’escalier pourri. Son complice l’aida à se relever.

   — ¿De qué sirve todo eso? Si hay alguien y está allá arriba, que siga ahí, ¿qué nos importa? Si quiere bajar y buscar camorra, ¿quién se lo impide? Dentro de quince minutos es de noche..., y que nos sigan si les apetece; no hay inconveniente. Pienso yo que quienquiera que trajo estas cosas aquí nos echó la vista y nos tomó por trasgos o demonios, o algo por el estilo. Apuesto a que aún no ha acabado de correr.

   « Ne t’en fais pas, dit-il. S’il y a des gens là-haut, qu’ils y restent. Ils ne pourront plus descendre, à moins de se rompre le cou. Il va faire nuit dans un quart d’heure. Ils peuvent toujours essayer de nous suivre. Et puis, même si on nous a vus, on nous aura pris pour des fantômes ou des diables. Ça ne m’étonnerait pas que les propriétaires de la pelle et de la pioche aient déjà décampé avec une bonne frousse ! »

   Joe refunfuñó un rato, después convino con su amigo en que lo poco que todavía queda de claridad debía aprovecharse en preparar las cosas para la marcha. Poco después se deslizaron fuera de la casa, en la oscuridad, cada vez más densa, del crepúsculo, y se encaminaron hacia el río con su preciosa caja.

   Joe bougonna puis tomba d’accord avec son ami : il valait mieux utiliser le reste du jour à tout préparer pour partir. Quelques instants plus tard, son compagnon et lui se dirigeaient vers la rivière, emmenant leur précieux fardeau avec eux.

   Tom y Huck se levantaron desfallecidos, pero enormemente tranquilizados, y los siguieron con la vista a través de los resquicios por entre los troncos que formaban el muro. ¿Seguirlos? No estaban para ello. Se contentaron con descender otra vez a tierra firme, sin romperse ningún hueso, y tomaron la senda que llevaba al pueblo por encima del monte. Hablaron poco; estaban harto ocupados en aborrecerse a sí mismos, en maldecir la mala suerte que les había hecho llevar allí el pico y la pala. A no ser por eso, jamás hubiera sospechado Joe. Allí habría escondido el oro y la plata hasta que, satisfecha su «venganza», volviera a recogerlos, y entonces hubiera sufrido el desencanto de encontrarse con que el dinero había volado. ¡Qué mala suerte haber dejado allí las herramientas!

   Tom et Huck, soulagés d’un poids immense, les regardèrent s’éloigner. Les suivre ? Il n’en était pas question. Ils s’estimèrent satisfaits de se retrouver dans la pièce du bas sans s’être rompu les os comme l’avait prédit l’inconnu. Ils quittèrent la maison hantée et reprirent le chemin du village, rongeant leur frein en silence. Ils étaient furieux d’avoir laissé derrière eux la pelle et la pioche. Sans ces maudits outils, Joe n’aurait jamais soupçonné leur présence. Il aurait enterré son or et son argent dans un coin de la pièce en attendant de pouvoir satisfaire sa « vengeance », ensuite de quoi il aurait eu la désagréable surprise de voir que le trésor avait disparu. Quelle malchance !

   Resolvieron estar en acecho para cuando el falso español volviera al pueblo buscando la ocasión para realizar sus propósitos de venganza, y seguirle hasta el «número dos», fuera aquello lo que fuera. Después se le ocurrió a Tom una siniestra idea:

   Ils résolurent d’épier l’Espagnol quand il viendrait au village et de le suivre jusqu’au numéro 2. Alors, une pensée sinistre germa dans l’esprit de Tom.

   — ¿Venganza? —dijo—. ¿Y si fuera de nosotros, Huck?

   « Dis donc, Huck, fit-il, tu ne crois pas que Joe pensait à nous en parlant de vengeance ?

   — ¡No digas eso! — exclamó Huck, a punto de desmayarse.

   – Oh ! tais-toi », murmura Huck qui manqua de défaillir.

   Discutieron el asunto, y para cuando llegaron al pueblo se habían puesto de acuerdo en creer que Joe pudiera referirse a algún otro, o al menos que sólo se refería a Tom, puesto que él era el único que había declarado.

   Ils débattirent longuement de la question. En entrant au village, ils en étaient arrivés à la conclusion que Joe avait peut-être quelqu’un d’autre en tête, ou du moins que seul Tom était visé, puisqu’il avait été le seul à témoigner.

   ¡Menguado consuelo era para Tom verse solo en el peligro! Estar en compañía hubiera sido una positiva mejora, pensó.

   Ce fut un mince réconfort pour Tom que de se retrouver sans son ami face au danger. Un peu de compagnie ne lui aurait pas déplu !

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